Texte et mise en scène : Ahmed BOUAMOUD.
Interprétation : Ahmed Bouamoud, Abdessalem Majdoub, Saïd Bouaouina, Imen Marzouk et Naïla Rihani.
Régie : Slim Mansour
Musique : Youssef Bouamoud
Technique : Zyed Zegdane, Farouk Testouri et Ramzi Fares.
Fable :
Hdanna, surnommé « Darouich Elgasaa » (le grand idiot) est un nouveau Candide, un personnage simple d’esprit, doté d’un Q.I. bien au-dessous de la moyenne. Il ignore le mensonge et la malice, vices devenus de nos jours des vertus et des atouts indispensables pour réussir dans la vie et tirer son épingle du jeu. Car le monde d’aujourd’hui est plein d’artifices et d’hypocrisie, on s’y trouve très souvent forcé d’édulcorer la vérité ou de la masquer et parfois de dire exactement le contraire de ce qu’on pense. Il faut quelquefois simuler et dissimuler pour plaire ou pour ne pas choquer ou être désagréable. Malheureusement pour lui, par innocence ou par idiotie, Hdanna est inapte dans l’art de feindre. Pis encore, il a la manie de penser à haute voix et de dire spontanément ce qu’il pense, ce qui lui attire beaucoup d’ennuis et contribue à le marginaliser et à l’exclure encore plus.
Ayant largement dépassé la quarantaine, Hdanna vit encore bizarrement dans le giron de sa vieille mère, dans une relation oedipienne qui aggrave davantage son cas. Il ne parvient pas à se détacher de cette mère possessive, dominatrice et étouffante qui continue à le couver comme lorsqu’il était encore un petit enfant, à le surprotéger et à l’empêcher de s’assumer et de voler de ses propres ailes. Sous prétexte de le défendre contre la méchanceté du monde extérieur et des vices qui courent les rues, elle l’enferme à la maison, crée le vide autour de lui et finit par faire de lui un benêt innocent, refoulé et complètement asexué.
Mais survient Shaybi, l’ami sauveur, un filou, un roublard et un dégourdi, qui évolue à l’aise comme un poisson dans l’eau, dans ce monde féroce et compliqué. Il le prend en charge, fait de lui son ami et son protégé, devient pour lui un mentor et un guide, dans le labyrinthe de cet enfer moderne. Il va essayer de lui apprendre les ingrédients de la débrouillardise et de l’intégration sociale.
Tout cela donne lieu à des scènes cocasses et à des situations loufoques par lesquelles notre héros comique va réjouir les spectateurs de ses impayables niaiseries, de ses irrésistibles idioties et parfois les surprendre par des réflexions spontanées, ingénues, mais saisissantes de profondeur et de lucidité.