(D’après Georges Feydeau)
Texte et mise en scène : Ahmed BOUAMOUD.
Interprétation : Ahmed Bouamoud, Abdessalem Majdoub, Tarak Rabbaoui, Salah Daggaz, Zyed Zegdane, Saïd Bouaouina, Mohamed Boulila et Imen Marzouk.
Régie : Slim Mansour
Musique : Youssef Bouamoud
Technique : Ramzi Fares.
Fable :
Docteur Saïd, dentiste de son état, est depuis longtemps habité par un rêve, celui d’être décoré. Atteint par la folie des grandeurs, il veut porter avec honneur et fierté « Elgorbita », ce fameux ruban, par lequel il est persuadé que son mérite, sa valeur scientifique et professionnelle allaient être attestés par les milieux officiels et reconnus par tout le monde autour de lui. Cette distinction à laquelle il aspire devient pour lui comme une obsession, une sorte d’idée fixe qui rongera son existence, détruira son bonheur et sa sérénité et affectera dangereusement ses rapports avec ses proches. Afin d’atteindre son objectif et décrocher sa décoration, il emploie tous les moyens, n’hésitant pas à ramper, à oublier sa fierté, à se faire obséquieux, à devenir parano et à se rendre ridicule. Il entreprend de donner en mariage sa nièce, Monia à Hasnine, neveu d’une personnalité haut placée et susceptible de le rapprocher de son but, la contrariant ainsi dans son amour pour Chafik, son prothésiste dentaire et associé. Il malmène aussi et traite hypocritement son meilleur ami, Slim, le pharmacien, pour la simple raison que celui-ci représente un détestable rival en partageant le même rêve que lui et en voulant se faire décorer, lui aussi, coûte que coûte et par tous les moyens. Il jalouse enfin secrètement et parfois ouvertement sa propre femme qui, en tant que militante très active en matière d’associations féministes, d’œuvres de charité et d’activités sociales, finit par être elle-même brillamment décorée, le laissant sur la touche à se débattre dans une folle et pitoyable crise de jalousie. Car le pauvre homme va vivre un drame aussi loufoque que pathétique et sera victime d’un quiproquo hilarant et d’un revirement bien cocasse. En effet, peu après avoir appris avec une joie immense qu’il a été décoré, il découvre, avec dépit, qu’en réalité, c’est sa femme qui l’était.
C’est ainsi que le héros de la pièce, dévoré par l’ambition, a le malheur d’incarner l’archétype de l’arriviste ridiculement sensible aux honneurs et à la notoriété, prêt à donner son âme au diable pour y parvenir. Il illustre aussi la vanité des honneurs et de la gloire en rappelant que souvent l’ambition pousse aux comportements les plus mesquins et aux attitudes les plus basses et que l’ambitieux tout en croyant grimper aux sommets ne fait parfois que ramper et s’avilir, poursuivant les vains honneurs, courant derrière sa perte et sa honte.
Voici donc une nouvelle satire sociale et humaine, à la fois comique et profonde, dans le pur style spécifique au Théâtre Jeune De Nabeul et que nous avons imposé avec la complicité de feu Moncef Kort et dont nous ne cessons depuis longtemps de gratifier notre cher public.