logo1

 

 

« Elkebda Mchouma » (2005)

 

(D’après Georges Feydeau)

Texte et mise en scène : Ahmed Bouamoud.

Interprétation : Ahmed Bouamoud, Abdessalem Majdoub, Tarak Rabbaoui, Salah Daggaz, Saïd Bouaouina, Imen Marzouk, Naïla Rihani.

Régie : Slim Mansour
Musique : Youssef Bouamoud
Technique : Zyed Zegdane, Mohamed Zegdane, Mohamed Boulila.       
                   

Fable :
  Chrifa, épouse bigote et mère possessive, affiche une vertu austère et hautaine dans ce qui touche à la pudeur, à la bienséance et à la morale. Veillant à obtenir une bonne réputation, elle affecte une vertu rigoureuse et une grande rigidité de principes dans son langage, son maintien et son rapport aux autres. Elle se montre pudique jusqu’au ridicule, témoignant d’une pruderie aussi excessive que désagréable. Femme acariâtre et autoritaire, elle traite Dehmani, son second époux, de très haut, l’estimant comme un moins que rien, le négligeant tout à fait et jouant la sainte ni touche à son égard et faisant sa frigide quand il lui arrive de lui réclamer son dû conjugal. C’est que toute son attention et tout son esprit sont accaparés par un être plus cher, le seul amour de sa vie : Moèz, son fils unique, d’un premier lit.
 Moèz est un grand gaillard de 21 ans, mais un Candide, doublé d’une mauviette et d’une poule mouillée dont Chrifa a voulu faire un être pur, un ange sur terre. Elle a toujours su le préserver des tentations et du péché de luxure ; ambitionnant de le réserver intact et immaculé pour sa future qui viendra, selon ses voeux, le plus tard possible. Elle l’a élevé donc, à ces fins, selon ses principes austères et dans une peur noire de la femme et du désir de chair, le surveillant de très près et faisant le vide autour de lui par crainte des « mauvaises » fréquentations. Seulement,  comme nul ne peut vaincre la nature et à force d’abstinence et de refoulement, le pauvre Moèz se retrouve gagné par un mal étrange : il devient sujet à des évanouissements inexpliqués. Affolée, Chrifa demande l’avis de ses proches et consulte le médecin de famille qui tous tombent d’accord sur le diagnostic et le remède en l’accusant d’être elle-même à l’origine de cette affection de par l’isolement, la surveillance inquisitoire et les privations qu’elle impose à son rejeton et en lui conseillant de laisser le garçon s’émanciper et quitter son giron, de lui permettre de sortir, de voir le monde extérieur, d’avoir des fréquentations, et, pourquoi pas des flirts et des amourettes comme tous les jeunes gens de son âge. Elle se refuse obstinément, au début, à les entendre, pensant qu’ils ne cherchent qu’à pervertir son ange de fils et à le précipiter dans le vice. Mais, devant la persistance du mal étrange qui frappe son enfant bien aimé, elle consent enfin à le laisser goûter à la vie quitte à bousculer un peu ses principes moraux.
Finalement, poussée par son amour de mère, elle va même encore plus loin, demandant à son époux d’assister son benêt de fils dans sa descente au monde de l’expérience amoureuse et allant jusqu’à lui chercher elle-même des occasions en lui déblayant discrètement le terrain. L’on assiste alors à un revirement de situation bien cocasse qui donne lieu à des scènes hilarantes et dont on déduit la morale de cette comédie qui condamne tout ascétisme trop rigoureux, a foi dans la vie, respecte la nature humaine avec ses instincts, ses pulsions et ses faiblesses, car l’homme n’est ni ange ni démon et doit chercher son équilibre dans un juste milieu. Toutefois, comme dans toute  bonne comédie, notre propos n’est pas de philosopher ou de donner des leçons de morale, mais de créer des personnages vivants et des situations drôles, propres à susciter le rire du bon public.

Elkebda Mchouma1

Ahmed BOUAMOUD – Abdessalem MAJDOUB
(Complexe cultrel Néapolis 2006)

L'équipe de Elkebda Mchouma 2005

L'équipe de Elkebda Mchouma, 2005

 

Copyright © 2008-2009 Le Théâtre Jeune De Nabeul All Rights Reserved.
Created by Bouamoud Youssef