(D’après Eugène Labiche)
Texte et mise en scène : Ahmed BOUAMOUD.
Interprétation : Ahmed Bouamoud, Iadh Chaouachi, Tarak Rabbaoui, Slim Mansour, Rafik Hamrouni, Salah Daggaz, Saïd Bouaouina, Amira Messei.
Régie : Slim Mansour
Musique : Youssef Bouamoud
Technique : Anis Barred, Mohamed Zegdane.
Fable :
Wahid Boukachkha, misanthrope invétéré, déteste ses semblables et ne s’apprécie pas lui-même. Allergique au genre humain, il fuit tout le monde, fustige les défauts de chacun et accuse les gens et tout son entourage de mensonge, de fourberie, d’hypocrisie, de malhonnêteté, de corruption et de tous les vices. Il fuit toujours les autres, les soupçonne de duplicité et craint leurs coups bas. Homme fortuné, il peut se permettre de vivre dans l’oisiveté, s’enfermant dans sa chambre, passant le plus clair de son temps à dormir, se coupant du monde extérieur, fuyant la société des hommes et ne sortant de chez lui qu’en cas d’extrême nécessité pour très vite retourner dans sa maison et se réfugier dans son lit, tel un ours dans sa tanière. Là, dans son intérieur asile, il se plait à vider sa bile, à dépenser sa méchante humeur et à exprimer sa haine des Hommes en humiliant ses domestiques dont il s’évertue à débusquer les mensonges, à flairer la fausseté et à mettre à nu la dissimulation et la tromperie.
Il est conforté et soutenu dans son attitude misanthropique par Mnaouar, un domestique fourbe et diabolique à souhait, un obséquieux et rampant valet, un être complaisant, servile flatteur et vil dont il fait le confident et le complice et dont il s’attache les services, les bassesses et les vilenies, afin de donner un alibi à sa conception méprisante et critique des Hommes et de justifier toute la rancœur et tout le dédain qu’il leur porte.
Mais, un beau jour, arrive à la maison un drôle de personnage, Hakki Elhakkani, sorte d’ange déchu ou d’innocent, un Candide actuel qui ne sait que dire la vérité, rien que la vérité et dont il fait, par contrat et moyennant un salaire, un ami et un détecteur de mensonge. Le problème, c’est que ce simplet va lui compliquer l’existence à tel point qu’il finit par regretter son engagement et qu’il va chercher à se débarrasser de lui. Il finit, au bout, par comprendre que la franchise est un luxe qu’on ne peut que rarement s’offrir et qui se paye souvent très cher, que la sincérité n’est pas toujours de mise et que l’âme humaine et les rapports sociaux sont ainsi faits que la vérité n’est pas tout le temps bonne à dire.